2026-02-06 16:30:00
La voix a révélé le talent de Maude Cyr-Deschênes en 2024. Évangéline fait aujourd’hui d’elle une véritable star. La chanteuse s’impose avec aplomb dans le rôle-titre de ce spectacle musical grandiose et émouvant dont elle porte largement les ambitions sur ses épaules.
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On nous promettait un spectacle à grand déploiement. Et c’est exactement ce qu’on nous a livré. Avec Évangéline, c’est une fresque musicale costaude qui prend enfin son envol, amorçant sa vie en salles après une longue période de gestation s’étalant sur une décennie. Un projet d’envergure, ambitieux, qui ne cache jamais ses aspirations ni son désir d’en mettre plein la vue.
L’histoire, on la connaît tous, à tout le moins dans ses grandes lignes, notamment grâce à l’immortelle chanson Évangéline, popularisée au fil des décennies par des voix aussi marquantes que celles d’Isabelle Pierre, Marie-Jo Thério ou Annie Blanchard. S’inspirant lui aussi du poème de Henry W. Longfellow, le spectacle nous transporte au XVIIIe siècle afin de retracer le destin tragique d’Évangéline Bellefontaine et de Gabriel Lajeunesse, ces amants légendaires séparés par la déportation des Acadiens.
Terrain de jeu spectaculaire
Cette fois, ce sont Maude Cyr-Deschênes et Olivier Dion qui leur prêtent leurs traits, dans un univers toutefois campé dans une esthétique aux accents résolument modernes. Dès les premières minutes, le metteur en scène Jean-Jacques Pillet affiche clairement ses couleurs, déployant des atmosphères poétiques d’une ampleur rarement vue sur nos scènes. Il crée ainsi un terrain de jeu visuellement spectaculaire pour ses interprètes.
Au centre de cette proposition, Maude Cyr-Deschênes impressionne de bout en bout. Chargée de porter la majorité du récit, elle s’approprie avec brio une partition vocale périlleuse, qu’elle aborde avec un aplomb remarquable. Aussi convaincante dans les envolées vocales que dans les moments plus intimistes et dramatiques, la chanteuse jette ici les bases solides d’une carrière qui s’annonce franchement prometteuse.
Nathalie Simard épate et émeut
Dans un rôle moins présent – il faut attendre la seconde partie du spectacle avant de la voir apparaître sur scène –, Nathalie Simard réussit néanmoins à voler la vedette avec le numéro Au nom de toutes les femmes. Son interprétation, à la fois fougueuse et vulnérable, vaut à elle seule le prix du billet et provoque l’un des moments les plus marquants de la soirée.
Impossible également de passer sous silence la performance de Matthieu Lévesque, qui, une fois de plus, confirme qu’il figure parmi les talents les plus solides de sa génération. Quant à la découverte du spectacle, ce titre revient sans conteste à Raphaël Butler, dont la présence scénique, le magnétisme et le timbre vocal enivrant retiennent l’attention. On a déjà (très!) hâte de le retrouver sur d’autres scènes.
Il faut dire que les interprètes sont particulièrement bien servis par la plume de Frédérick Baron. Ses chansons, sublimées par les mélodies de Steve Marin et les arrangements d’Yvan Cassar, viennent envelopper de poésie une histoire marquée par un tragique profond et assumé.
Des ajustements à prévoir
Présenté devant public pour la toute première fois jeudi soir, Évangéline a-t-il atteint sa pleine maturité? Pas tout à fait.
Certains changements de décor et transitions s’avèrent encore laborieux, tandis que l’intrigue, pourtant solide, gagnerait à être resserrée à quelques endroits afin de ramener l’ensemble de la comédie musicale encore plus bas sous la barre des trois heures (incluant l’entracte).
Cela dit, les fondations du spectacle, nommément sa distribution et ses chansons, sont suffisamment fortes pour lui permettre de s’affiner et de se perfectionner au fil des représentations.
- Le spectacle musical Évangéline est présenté à la Place des Arts de Montréal jusqu’à dimanche. La tournée s’arrêtera ensuite à Québec, Trois-Rivières et Moncton au cours des prochains mois. Pour toutes les dates: evangelinemusical.ca.
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